Présidentielle : funeste jeu de dupe

Amar Saïdani
Amar Saïdani

Tandis qu’une commission de députés français qualifie la situation en Algérie de floue, le système se lance via ses sbires dans un énième jeu de dupes.

Après Sellal qui a annoncé à partir d'Adrar que Bouteflika ne partirait pas, les mouhafedhs de l’appendice du système en l’occurrence le FLN ont appelé le samedi 9 novembre, le convalescent à briguer un quatrième mandat. Actionnés sous la houlette du guignol Saadani, ces mouhafedhs, que la traduction au français peut dénommer conservateurs, ont déclaré conserver leur soutien à Boutef et lui ont demandé de se présenter pour un quatrième mandat. Hypocritement toutefois, ils glissent un gentil clin d’œil à la muette pour tout ce qu’elle a donné et qu’elle continue à donner. Enfin, en chantre du mensonge, le chef usurpateur Saadani déclare : "On va vers des élections transparentes, ouvertes à tout le monde, la concurrence sera libre et loyale. Ce qui donnera une image d'une l’Algérie démocratique et plurielle". Voilà une déclaration qui annonce la couleur d’un scrutin qui s’apparente plus à un jeu de dupes qu’à une opération électorale transparente. Le fait que le malade y participe est une duperie grossière.

Mais pour maquiller cette maladie, un servile inconditionnel du système honni est appelé à la rescousse. Djamel Ould Abbès, sénateur de service, affirme et jure que Bouteflika "va très bien".L’ex-responsable de la faillite du système sanitaire, indique en marge de la même réunion des conservateurs dinosaures FLN, qu’il est "bien informé sur la santé du Président depuis le 28 avril 2013", et à travers ses contacts personnels avec les médecins, il dit que "le Président va très bien". Voilà une autre duperie qui quitte la bouche d’un ex-responsable qui a fait des hôpitaux algériens des mouroirs par excellence. Oubliant les conséquences néfastes de sa gestion quand il était en charge de la santé, il se targue que "les mêmes médecins qui ont soigné Chirac ont soigné Bouteflika". Comme si de rien n’était quand c’est toujours fafa qui prend en charge, aux frais de la princesse, les bobos présidentiels et ceux de toute la caste, tandis que des pauvres malades se meurent à petit feu dans des établissements livrés à toutes sortes d’agissants inhumains dont Ould Abbès et ses employeurs sont les uniques responsables. Honte à vous alors monsieur le faux médecin qui ne parvient pas à soigner son maître et même sa propre personne.

Pour le grand convalescent, la tracasserie de la maladie est réglée par ce bulletin de santé officiel pondu par le toubib qui ne soigne personne. Mais encore le jeu de dupes s’est déjà meublé et continue à recevoir les figurants nécessaires. Des candidats lièvres se sont annoncés et s’annoncent çà et là. Ces vaincus d’avance campent et croient dans un légalisme étroit dont un trio servile est déjà chargé de fixer toutes les règles du prochain simulacre électoral. Belaiz à l’Intérieur, Tayeb Louh à la justice et le sot Mourad Medelci au Conseil constitutionnel, sont là pour humilier ces postulants- alibi par des taux de voix ridicules. Ils ne seront, quels que soient leurs profils ou leurs personnes, proches ou opposants du système, que des faire-valoir électoraux comme ceux ayant vécu les amères consultations de 1999,2004 et 2009. Le candidat du système passera même habillé en pyjama du moment qu’il y a toujours des dupes vendus, qui marchandent avec la diable en contre partie de quelques dinars sous tirés au contribuable. A moins que…

Mais alors que des spécialistes tirent la sonnette d’alarme sur une situation de non gouvernance alarmante, certains qu’on croit lucides et intellectuels s’apprêtent à cautionné le jeu du système dont la seule vision est de se préserver les rênes du pouvoir. Nul n’est dupe pour croire que l’actuel locataire du palais présidentiel est en mesure de commander ou de gouverner. Nul n’est dupe encore pour croire la marionnette Saadani quand il parle d’un Etat civil. Ca fait presque 15 ans que son maître est là pour venir aujourd’hui vendre l’Etat civil. La morale et l’éthique politiques commandent que cesse ce jeu de dupes. Le préalable nodal avec lequel il faut affronter le système et tous ses menteurs, c’est réclamer son départ et non pas de chercher des garanties de transparences d’un vote qui ne servira absolument à rien. Sauf à maintenir la caste et sa clientèle.

Zoubir Zerarga

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Commentaires (12) | Réagir ?

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Sherman Sherman

A un moment de la décennie noire, on se méfiait surtout des islamistes qui ont un "tampon" sur le front ou une barbe hirsute (style Belkhadem) ou imberbe (comme Ali Belhadj) . Mais aujourd’hui, ces « icones » ne nous font pas AUTANT peur comme avant. En effet, cette catégorie d’Algériens est devenue des sortes « d’agneaux » car ils préfèrent s'occuper tranquillement des commerces que le pouvoir a mis à leur disposition.

Notre problème désormais, c’est les nouveaux monstres troglodytes et dinosauresques comme celui qui a un visage et un front plissé à la « bouledogue » !

Est-ce que l’Algérie n’a que ce spécimen à désigner comme « erab » (le Dieu) du FLN !!!! ??? Pôvre Algérie !!!!

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mohamed bentabet

En Algérie, en politique et partout d'ailleurs la mauvaise monnaie chasse la bonne comme disait Sir Williams Grésham, les intellectuels et la jeunesse dynamique sonrt chassés pour laisser place aux tontons charlatans.

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