Tous les morts se ressemblent

Tous les morts se ressemblent

Deux personnes perdent la vie à Paris. Un Pakistanais et un Algérien.

On les enferme dans deux cercueils, on les transfère de la morgue de l’aéroport Roissy-Charles-de Gaulle pour les envoyer dans leur pays respectifs. Une erreur humaine envoie l’Algérien à Peshawar et le Pakistanais à Alger. Arrivés sur les lieux de leurs enterrements prévus, attendus, les familles se penchent sur leur dépouilles. Leurs têtes qu’on aperçoit à travers les lucarnes des cercueils plombés ne sont pas celles qu’on connaissait. La mère de l’Algérien découvre une tête basanée, bleue. Elle s’exprime : "Dieu ! Je vous avais dit que l’émigration est un chemin de misère. Voyez, donc, comment est devenu mon fils ! Il est parti poupon, rose, il est revenu tout noir, mort".

A Peshawar (Pakistan), la mère du Pakistanais découvre son fils, parti bleu de peau, revenu tout blanc, rose. La mère s’exprime : "Je vous avais dit que le salut de nos enfants réside dans le partir. L’émigration. Mon fils tiraillé par la faim a quitté le pays, miséreux, ravagé par le besoin. Il est revenu rayonnant. Blanc, rose, même mort".

Le bonheur est ailleurs, le bonheur n’est nulle part. Surtout pas dans l’exil. Nous vivons dans l’erreur, et la solution n’est sûrement pas dans le religieux. Elle est dans le travail. Le travail, le labeur ne s’embarrasse de légendes, de contes. Il faut en finir avec les rêves qui ne mènent nulle part. Sinon à l’insulte.

Meziane Ourad

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Commentaires (3) | Réagir ?

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Brahim Arbat

L'exil est dur surtout lorsque rien n'empêche de revenir au pays vivant.

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Quelqun EncoreQuelqun

Je ne sais pas si cela est dû aux effets du Ramadan, mais des cadavres "rose, poupon... ", il n'y a que monsieur Ourad pour les voir.

Peut-être est-ce dû à l'3âr3âr aussi ?? Qui sait? En tous cas, il serait grand temps d'invoquer "qui de droit" pour vous purifier! A ce propos, je connais une bonne adresse; la mienne! N'oubliez pas que nous, imravdhéne, nous héritons de ces dons (de guérisseurs et de purificateurs) de père en fils !

Saha léfdhourik

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