11 décembre 1960 : un massacre perpétré dans la région d'Ath Ouartilane

Au-delà des manifestations, le 11 décembre 1960 est une date noire pour les habitants d'At Ouartilane.
Au-delà des manifestations, le 11 décembre 1960 est une date noire pour les habitants d'At Ouartilane.

Au milieu de l’année 1960 sur renseignement recueilli par un goumier, il avait établi qu’un important groupe de moudjahidines fréquentaient son village Tawriret Iarasienne, de la commune de Beni Chebana, région de Beni Ourtilane.

Le capitaine Schneider mit à la disposition de ce harki tous les moyens et les facilités pour pouvoir les contacter et faire en sorte de rejoindre les rangs de FLN/ALN. Le harki avait intensifié ses contacts avec si Moussa Seddiki (commissaire politique) et si Lmouloud Benzerara (sergent-chef militaire), il leur fournit les cartouches, les vêtements et des renseignements concernant l’armée ennemie, Si Lmouloud reçut même en mois de juillet 60 un pistolet 8 mm et une chemise.

Pour l’ennemi, l’idée maîtresse de ce plan consiste à traiter de manière successive, investir dans l’affaire, pour plusieurs mois et jusqu’a convaincre tous les moudjahidines de la région, dans le but de les réduire à néant. Plusieurs mois, le traître n’a pas pu faire avancer son hypocrisie pour s’infiltrer, juste quelques renseignements sur les familles des moudjahidines recueillis auprès de leurs sympathisants…

Mais pour le capitaine Schneider (ex-colon), abandonner l’Algérie était hors de question. L’action du l’ennemi français donna lieu à un massacre ayant fait 10 martyrs, l’embuscade eut lieu le 11 décembre 1960, le jour même où des Algériens organisèrent une manifestation pacifique pour réaffirmer le principe de l'autodétermination du peuple algérien contre la politique du général De Gaulle.

A 6h du matin, le capitaine Schneider avec son arsenal militaire composé de soldats du 4ème régiment des dragons, épaulés par des harkis qui ne savaient faire que semer la torture voire la mort… investir le village de Tawriret Iarasienne. Les moudjahidines se sont rendu compte qu’ils étaient victimes d’une trahison émanant du harki en qui une certaine confiance avait été placée. Face à une armée amplement équipée, les moudjahidines savaient que la bataille serait difficile à gagner. Pour parer à la situation, ils se replièrent chez Si Moussa qui entretenait dans le secret deux casemates dans son domicile.

Les soldats ennemis ont encerclé le village, ils ont bouclé toutes les issues possibles, ils ont entraîné tous les habitants du village dans la mosquée. Le harki, suivi de soldats, se dirigea vers la maison là où il avait laissé les moudjahidines la veille, ils ont fouillé partout, ils n’ont rien trouvé. En colère, ils sont passés à une fouille minutieuse chaque maison, vainement.

Les soldats se sont alors acharnés sur les villageois, le harki s’est rabattu sciemment sur Mohamed Lekhel, le fils de Si Moussa, l’épouse de Seddiki Deouadi et quelques membres du FLN. L’ennemi a choisi la maison de si Moussa comme lieu de détention, sans état d’âme avec une cruauté inhumaine, les victimes subirent la torture qui se solda par l’exécution de Takalait Bouzid C’est lors de ces sombres moments que les sanguinaires ont découvert que les moudjahidines se trouvaient sous le même toit. Les soldats s’éloignent et encerclent la maison. Le capitaine Schneider demanda aux moudjahidines de se rendre, Si Lmouloud sort et il lui répond avec des coups de rafale, laissant le temps nécessaire à Si Moussa et à son fils Deouadi de détruire les archives en vue de raser toute trace pouvant mettre en péril la vie de ses compagnons de lutte. Un officier est passé par les toits des maisons et a tué si Lmouloud. Quelques instants après, deux moudjahidines dont les armes ne répondaient à pas l’exigence de la situation se sont rendus, ils seront abattus quelques jours après. Si Moussa et son fils Deouadi ont refusé de se rendre, les soldats sont montés sur le toit de la maison et jettèrent des grenades à l’intérieur de la casemate.

Le petit-fils de Si Moussa, Mohamed El Bachir a couru vers lui pour voir ce qui s’est passé. Quelques instants, il a avait vu son frère Mohamed Lekhel conduit par un harki, un peu plus loin où ils rejoignirent un autre harki et ils l’ont assassiné.

Le harki, pour se débarrasser une fois pour toutes de tous ceux qui lui ont tendu la main pour se réconcilier et lui alléger le fardeau des crimes qu’il avait commis, depuis plusieurs années, a préféré rester agenouillé devant le colonialisme, souillant sa mémoire par l'opprobre et la honte. S’enfonçant dans la trahison, il établit une liste de personnes à assassiner. Il s’agit de Makala Laarbi ,Bouyounes Messaoud, Hamoudi Mohamed,Takalait Mohamed Ouseliman, Takalait Rachid,

Les jours qui suivent l'ennemi s’est acharné sur les familles des victimes, l'armée française emprisonne un grand nombre de personnes et a tué un moussebel du village Abrah : Ghanem Slimane. L’événement a été à l’origine de représailles commises contre la population de Beni Ourtilane dans son entièreté.

Mostapha Mezhari

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MEMOIRE

Les égarés sont désarmés et condamnés par l’histoire.

M. Mezheri

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Les égarés sont désarmés et condamnés par l’histoire.

Mezheri. M

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