Les Kabyles de service de Bouteflika

 10 ans après le Printemps noir, la Kabylie est toujours sujette aux complots du pouvoir...
10 ans après le Printemps noir, la Kabylie est toujours sujette aux complots du pouvoir...

Mission accomplie pour le FFS en Kabylie. Ali Laskri a jeté ses dernières forces de Kabyle de service pour diaboliser le MAK de Ferhat Mehenni. Mais, il n'est pas le seul. Le RCD qui s'autoproclame premier parti de l'opposition, le RND d'un Ahmed Ouyahia qui redécouvre la langue maternelle... Dahou Ould Kablia sait manœuvrer ce beau monde.

Abdelaziz Bouteflika met tous ses espoirs sur les Kabyles de service lui ayant prêté allégeance sous différents prétextes pour lui assurer un scrutin local au taux de participation estimé à 40% par son ministre de l'intérieur qui a pris la triste aura de son prédécesseur, Nouredine Yazid Zerhouni, le bourreau de la Kabylie, comme le fut le général Beauprêtre pour les Kabyles de Fadhma N'Soumeur. Le Premier secrétaire du FFS, Ali Laskri, est le premier kabyle de service au sens matoubien du terme, qui, dans son fief naturel et historique, est allé jusqu'à renier ses origines kabyles, quel déshonneur ! pour se dissoudre dans "un parti national, nationaliste", pour ne pas dire un parti vassal du pouvoir, d'Abdelaziz Bouteflika auquel il servira de marchepied pour une "descente" en Kabylie dont il a la nostalgique "conquête" de 1999 à la Tartarin de Tarascon, pour humilier ces Kabyles irrédents de Boubaghla.

Le FFS de Hocine Aït Ahmed ne s'est pas contenté de trahir la tribu ancestrale. Il a rempli la mission bouteflikienne en s'attaquant au MAK qui, par l'autonomie du bastion qu'il défend et revendique parce que, en face, il n'y a pas d'Etat, est accusé par le sénior du FFS "de fragiliser" la situation de la région, y générant "une situation explosive", expression qui ne va pas sans rappeler et renforcer les insultes de Dahou Ould Kablia proférées à cette Kabylie du boycott et des abstentions pour avoir fructifié délibérément les groupes armés d'Al Qaïda au Maghreb islamique en bloquant la lutte antiterroriste, en empêchant, en fait, la gendarmerie de donner la chasse aux jeunes de la société civile au lieu de pointer leurs armes et leur camion - diable "âzrayen" contre les groupes islamistes terroristes.

Mission de Dahou Ould Kablia par le truchement d'un FFS qui a vendu son âme au diable. Les propos du bras droit de Hocine Aït Ahmed viennent comme conforter le pouvoir et sa police politique qui, depuis le lancement de la campagne des locales, multiplient les expéditions punitives contre les militants du mouvement autonomiste du parti de Ferhat Mehenni qui reste le seul à appeler au boycott dans la région.
Mais, dans cet échiquier local d'une Kabylie malmenée, sujette aux incendies criminelles, à Al Qaïda au Maghreb islamique, aux enlèvements avec rançons, aux braquages en plein jour dans la capitale du Djurdjura, au scandale des non-jeûneurs, à l'ouverture d'églises, sujette aussi à "ce danger scissionniste" qui réveille les démons d'un autre FFS, celui de 1963, les Kabyles de service se comptent sur les cinq doigts de la main.

Le RCD qui se vit en Kabylie comme le premier parti de l'opposition se pose en sauveur des "derniers carrés" des élus régionaux qu'il entend sauvegarder du pouvoir central. Sans faire référence à ses nombreux élus APC et P/APW qui ne se sont pas mieux distingués à la tête de leur commune que ceux du FLN. Vœux pieux. Condescendants. Naïfs. relevant plus de l’innocence bêbête de "Hdidouane" que des roublardises du paysan futé "Boubegra".

Le RND se redécouvre un Kabyle de service rompu aux tâches sous-marines en Kabylie. Il s'agit bien évidemment d'Ouyahia qui, redevenus un simple secrétaire général menacé par ses redresseurs, mènent une campagne aux relents présidentiels dans le discours, les propositions tonitruantes, dictatoriales comme l'application de la peine de mort à la manière des arènes romaines. Lui aussi, en Kabylie, le même jour que Ali Laskri a parler en Kabyle, pas le même que celui qu'il a baragouiné lors des jours sanglants du Printemps noirs, à la manière de "Kaci Tizi-Ouzou" dans ses rôles de Kabyle hurluberlu.

Abdelaziz Bouteflika et son ministre de l'Intérieur comptent beaucoup sur ce trio issus de familles recomposées FFS - RCD - RND et d'autres partis croupions qui ne se sont pas déclarés pour diaboliser le MAK, accentuer la répression ouverte sur ses militants, par la promotion de dernière minute, dans les bulletins de vote, de voix de ces Kabyles de service qui se complaisent dans un "oppositionnisme" au pouvoir qui tient lieu de parade.

R.N

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Commentaires (19) | Réagir ?

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Mohand Assam

Quand la Kabylie se réveillera, l'Afrique entière, et dans

toute sa splendeur tremblera.

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khelaf hellal

Le MAK devrait revendiquer l'autonomie de toute l'Algérie parceque l'Algérie c'est la Kabylie et vice-versa. La Kabylie est historiquement toute l'Algérie, ce n'est pas seulement Tizi-ouzou, Béjaia, Boumerdés, Bouira. Elle est un pays du grand maghreb amazighe ou de l'Afrique du Nord qui s'étend jusqu'aux iles Canaris.

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